CAMÉCRANS
Mon corps dans l’image ? Le selfie.
Dans cette réflexion, j’explore la relation entre le corps, l'image et qu'est ce que l'on montre et qu'est ce que l'on veut dire ?
Au départ, je voulais m’appuyer sur l'idée des selfies que l'on a vu dans le cours et de l'impact de l’image sur ceux et celles qui se filment entrain de regarder des contenus violents. Faisant un parallèle avec le film Orange Mécanique (1971) de Stanley Kubrick. Je pourrais comparer le traitement du personnage principal du film, Alex, qui dans le cadre de la thérapie Ludovico, subit des images violentes, et je revois ces jeunes se filmant devant des expériences traumatisantes.
Puis, en réfléchissant à la technique du fond vert, je me suis fait le lien avec des films comme "Le Cuirassé Potemkine" (1926) de Sergueï Eisenstein, notamment la scène marquante de la poussette qui descend les escaliers, et "Le Tambour" (1979) de Volker Schlöndorff, où un enfant utilise son tambour pour comprendre le monde. Ces scènes, où des enfants rencontrent la violence, m'amènent à une interrogation sur l’image et le corps dans le cadre de la représentation de la violence.
Lors du montage, je me suis interrogé sur : que devrais-je montrer ou ne pas montrer ?
Puis avec les écrans verts, je me suis rendu compte de la possibilité de montrer ou pas l'image, devenant ainsi un moyen de contrôler la violence à travers la projection, ou pas sur les écrans verts ou de montrer mon corps.
C’était aussi de poser un regard critique sur le contenu que l’on choisit de montrer ou de dissimuler. Le montage en lui-même devient un acte de prise de position, mais le choix de ses deux films ont aussi ouvert un dialogue entre eux, permettant de créer un nouveau regard. Comme on peut voir dans ce montage : le visage de ces deux enfants, ou de cette femme montant les marches, et le bras tendu du fascisme etc...
Enfin, j’ai réfléchi à ce que cette démarche signifie pour moi, soulignant que le corps et l'image sont intimement liés et que les caméras et les écrans peuvent être utilisés pour manipuler et discuter des enjeux de représentation. Cette réflexion s'accompagne de l'idée que, même en contrôlant ce que l’on montre, le montage lui-même porte déjà un message implicite.
Ce travail pose cette réflexion sur la manipulation de l'image et de la violence visuelle, tout en posant la question de la responsabilité et du regard dans la construction d'une représentation, qu'il s'agisse de film, de photographie ou de vidéo.
Oeil / Oreille : Qu'est ce que le téléphone regarde lorsque je téléphone ?
Je réfléchissais à l'utilisation téléphone, le camécran, en dehors de sa fonction de communication, en observant à quoi il nous sert : à prendre des photos ou des vidéos, consulter internet, et se connecter facilement aux autres.
Cependant, j'ai remarqué que chez moi, j’ai aussi d'autres appareils qui font déjà cela (comme un téléphone fixe, un ordinateur, un appareil photo) et qui remplissent des rôles similaires.
Le téléphone, le camécran devient donc un objet multifonctionnel, et il est aussi en concurrence avec ces autres objets qui ont des fonctions spécifiques.
Je m'interroge aussi sur le mouvement et la continuité du camécran avec moi. Comment je l'utilise ? Par exemple, lorsque j’utilise le téléphone pour téléphoner, je m’interroge sur la façon dont la caméra qui pourrait être allumé, pourrait capter les images, autres que celle que je regarde devant moi. Que regarde t'il lorsque je suis au téléphone ? Lorsque le téléphone est à mon oreille, si la caméra est actif pendant une conversation, elle regarde ce que je ne regarde peut être pas.
Puis, dans cette même vision, j’imagine une autre situation comme utiliser deux téléphones simultanément ou intégrer une caméra supplémentaire (comme une GoPro), pour mieux comprendre ce que moi et mon téléphone, l'on observe pendant une conversation. Et cette vidéo est cette reflexion : Lorsque je suis au téléphone, que regarde mon camécran ?
Ce texte est comme une réflexion sur la place du téléphone dans nos vies et sur ses multiples usages. La complexité de cet objet à la fois fonctionnel et "intrusif", et qui questionne sur qu’elle est son usage.
Ce travail m'a permis de prendre en compte ce qu’est le camécran : une ou plusieurs caméras - un écran.
« L’Ecran, c’est ce qui cache, c’est ce qui montre »
« Pharmakom, Autant le remède que le poison ».
"Le pharmakon, nous dit Platon, est toujours à la fois un remède et un poison. Il permet de prendre soin du malade, mais il peut tout aussi bien le tuer. Et ici, il faut ajouter que le pharamkon est aussi le bouc émissaire : la cause de nos problèmes n'est pas la technique, mais la façon dont elle est exploitée, d'une marnière qui ruine la société."
Bernard Stiegler, Contrôle et culture des undividus, ouvrage dirigé par Nicolas Truong, Le théâtre des idées, 50 penseurs pour comprendre le XXIième siècle. Flammarion, p55.
Dyptiques :
"Quand les objets se regardent ....
Quand les couleurs se parlent...
Quand les formes s'entrecroisent...
Travail du 6 au 10 janiver 2025.
Photos prises sur un téléphone Iphone 11, ainsi que les vidéos "
"Les contemporains essaient de combler cette solitude avec la technique. C'est pour cela que nous nous sommes penchés sur le phénomène des portables : ce qu'on perd en tant que lien réel, on essaie de le combler avec de la communication virtuelle. Et c'est vrai qu'il y a une sorte de vases communicants : plus on est dans la communication, moins on est dans le lien. Il ne s'agit absolument pas d'avoir un jugement de commissaire politique. Nous n'avons pas à juger l'usage du portable, mais à analyser cette douloureuse errance à travers un objet qui, en dix ans, a colonisé presque toute la surface de la planète.[] Je pense qu'effectivement que la crise historique et sociale que nous traversons aujourd'hui s'incarne sous la forme d'une souffrance parce que les individus sentent qu'ils ont perdu la direction de leur propre vie, individuelle et collective. Chaque époque a une pathologie qui la caractérise, celle d'aujourd'hui est le narcissisme."
Miguel Benasayag, "Quelles identités dans un monde globalisé ?", ouvrage dirigé par Nicolas Truong, "Le théâtre des idées, 50 penseurs pour comprendre le XXIième siècle". Flammarion, p255,256.
"Seul un combat pour inverser le mouvement et mettre la technologie au service des hommes peut faire espérer un monde dans lequel la brutalité, la violence et la loi de la jungle reculent un tant soit peu"
Michel Onfray, "Antimanuel de philosophie" Edition Breal, p97
Dans cette idée de la responsabilité de ce que l'on veut montrer ou dire par la facilités qu'offrent les selfies, je reprendrais Pierre Bourdieu "Sur la télévision"
"Si on se demande, question qui peut paraître un petit peu naïve, comment sont informés ces gens qui sont chargés de nous informer, il apparaît que, en gros, ils sont informés par d'autres informateurs"
Pierre Bourdieu "Sur la télévision" Raison d'agir p26
En conclusion, le camécran est un outil facile et intéressant pour pouvoir créer seul, et partager notre art avec beaucoup de monde. Le monde étant connecté, il est plus facile de s'exprimer individuellement, mais attention, que recherchons nous et que voulons-nous ? Une reconnaissance ? Exister mais pour qui ? La technologie va vite et la mondialisation aussi. Et nous revenons à la phrase de Platon : " toujours à la fois un remède et un poison". Et comme pour beaucoup de chose, il faut trouver son équilibre avec ce nouvel outil, le camécran, et que l'objet, se ne soit pas nous...
Sur le site Reporterre, « Le totalitarisme numérique de la Chine menace toute la planète »
Le texte va décrire le système de contrôle social instauré en Chine sous le régime de Xi Jinping, en mettant en lumière les dangers d'un régime totalitaire qui exploite non seulement la sphère publique, mais aussi les aspects les plus intimes de la vie des citoyens, ce qui nous fait penser à "1984" de Georges Orwell. À travers le système de crédit social, chaque action quotidienne est surveillée et peut influencer la note sociale d'un individu, allant de comportements sur internet à des actions personnelles. En 2018, des millions de citoyens chinois ont été privés de droits basiques tels que prendre l'avion ou voyager en train en raison de mauvais scores sociaux.
Le parti a mis se système en place pour la protection des personnes et il dit : « Certains peuvent se sentir menacés par un système qui met pratiquement chacun sous l’œil d’un microscope. Mais la grande majorité se sent en sécurité parce qu’elle sait que la technologie est entre de bonnes mains. »
Le texte fait également un parallèle avec les technologies de surveillance et de collecte de données présentes dans les sociétés dites "libérales", suggérant que celles-ci pourraient potentiellement évoluer vers des régimes similaires, sous couvert de nouveaux services et de marketing ciblé.
Et en parlant de marketing, je vais parler de Noam Chomsky et il dit :
" Les énormes firmes de relations publiques, de publicité, d'art graphique, de cinéma, de télévision...ont d'abord pour fonction de contrôler les esprits. il faut créer des "besoins artificiels", et faire en sorte que les gens se consacrent à leur poursuite, chacun de leur côté, isolés les uns des autres. Les dirigeants de ces entreprises ont une approche très pragmatique : "il faut orienter les gens vers les choses superficielles de la vie, comme la consommation." Il faut créer des murs artificiels, y enfermer les gens et les isoler les uns des autres"
Noam Chomsky, "Deux heures de lucidités" Les Arènes, p23