CAMÉCRANS
1) PERSPECTIVES
Le premier exercice était de créer des diptyques entre la caméra frontale et la caméra arrière sans bouger l’appareil. Le premier diptyque, pris au pied d’un ordinateur est mon point de départ. Le constat a été le suivant : en fonction de l’angle, je perçois les choses différemment. Deux aspects différents d’un même point. En explorant les alentours, j’ai trouvé la branche, qui est le sujet du second diptyque. Pour contraster la rigidité de la machine informatique, j’ai appliqué de nombreux filtres pour sublimer la beauté de la nature. Surprise : le losange construit par les lignes du plafond et du sol est venu créer un cadre pour mon diptyque. Je venais de créer mon écran positif. Un écran sain et beau, offert aux regards de tous. Le diptyque fait écho à la dualité. Double ou/et opposé ! L’opposé de la nature c’est la machine. En opposition aux couleurs chaudes, le froid. De ses réflexions est né le dernier duo. L’écran négatif. Presque angoissant. Tout est une question de perception et de perspectives. Les camécrans sont tellement indispensables que nous pouvons en devenir les esclaves. Toutefois, ils constituent de formidables outils.
Une semaine d’immersion dans l’univers des camécrans. Ses caméras intégrés à nos écrans, qui nous quittent plus. Pourtant nous n’avons pas ou peu conscience de leurs impacts sur nous. Vivre une semaine qui vise à les conscientiser, ouvre les yeux, offre un nouveau regard, une nouvelle vision.

Un écran est un moyen de diffusion, de voir et de regarder des choses. Mais un écran est aussi double, puisqu’il dissimule et cache, offrant ainsi une protection à l’instar d’un écran totale. Du cinématographe à la DV numérique, passant par la Portapak, les camécrans n'ont cessés de se réinventer depuis leurs inventions. Au cours des ateliers de cette semaine, nous avons découvert de multiples aspects des camécrans, notamment de l'impact qu'ils ont sur nous.

Notre corps gravite autour de nos camécrans, tant dans la mobilité mais que dans la découverte de notre environnement. Je vous proposons de s’attarder sur une introspection de notre vision qu’ils permettent, au travers de trois ateliers expérimentales.
Si je devais résumer mon expérience en un mot, je choisirais "vision". Tout d’abord, une caméra et un écran s'inscrivent dans un rapport à la vue. Dans notre société, les camécrans sont parti intégrante de nos appareils multimédias tels que nos téléphones, nos ordinateurs… Nous sommes dépendants de ses objets qui sont constamment à notre contact. Pour voir les autres dans notre bulle individuelle, où se repérer dans l’espace, les camécrans nous apportent aussi bien une extension de nos yeux, qu’une nouvelle façon de voir le monde.
2) MOBILITES
3) RECEPTIONS
Le second exercice avait la thématique : les mouvements du corps dans l’utilisation et dans son rapport à la camécran. Je voulais faire une vidéo sur les mouvements du corps par rapport à un télé-agrandisseur qu’un déficient visuel peut utiliser. Il s’agit d’une caméra qui filme et grossit un texte afin le retransmettre sur l’écran. Cependant, j’ai pensé que la navigation sur un texte filmer directement via le camécran de mon téléphone offrirait un point de vue inédit et au plus proche de la réalité. En effet étant moi-même déficient visuel, j’ai voulu artistiquement représenter comment on se déplace avec un télé-agrandisseur sur une page. Ainsi je vous propose une vidéo d'une camécran comme soutien et extension de l'oeil, dans ses mouvements.
Enfin la troisième et dernière expérience de cette semaine était une conjugaison entre la vidéo de réaction, l’incrustation sur une image de soi et le selfie. En introduction à l’exercice, nous avons abordé l’addiction des selfies, des images conversationnelles, qui peuvent créer une dépendance, comme le représente Giardiana Papa. Des jeunes personnes demandent à leurs internautes des idées pour s’exposer en selfie sur les réseaux sociaux. Je me suis alors interroger sur la vision de nous-même que peut procurer le camécran. Quand on regarde quelque chose, nous réagissons. Notre regard trahit une réception et une réaction émotive. Quand on me dit réaction et regard, je pense à la vision que nous pouvons avoir au corps. Sur les réseaux, nous voyons des mannequins et des corps qui nous font rêver. Un corps dénudé soumis au regard implique des réactions. Nos camécrans sont les témoins de nos corps et impactent leurs réceptions.
Bilan de l’expérimentation : Cette semaine intensive de découverte et d’expérimentation autour des camécrans ont eu plusieurs impacts sur ma façon de les concevoir. Tout d’abord j’ai réellement pris conscience de leurs universalités, ils sont partout autour de nous. Mais au-delà de cette prise de conscience, ils sont surtout doubles. C’est saisissant de voir leurs dualités, à la fois positive et négative. Les camécrans ont su créer une dépendance : à la fois utilitaire et affective. C’est d’ailleurs sur cette notion d’addiction que j’aimerais poursuivre mon exploration de ces focales qui nous ont captés.
"VISIONS"