CAMÉCRANS
Les camécrans

Les caméras équipées d’écrans, que j’appelle "camécrans," sont devenues au fil des années des objets populaires et presque indispensables. Nous avons tous aujourd’hui un téléphone portable, et celui-ci est généralement doté de deux caméras : une sur la coque arrière et une sur l’écran. Cette double caméra permet de prendre des photos et vidéos de ce que nous voyons, mais aussi de nous-mêmes, créant ainsi de nouvelles façons d’utiliser nos camécrans. Avec cela sont apparues de nouvelles postures, gestuelles et appellations liées à ces usages.
Ces trois exercices ont permis d’expérimenter différentes gestuelles et postures spécifiques à l’utilisation des camécrans. J'ai utilisé exclusivement mon téléphone pour filmer et prendre des photos, mais aussi pour créer une performance basée sur des réactions captées par ces caméras.

Les diptyques

Pour les diptyques, nous pouvons observer une utilisation simultanée des deux caméras d’un téléphone. Les photos sont prises dans la même position, offrant ainsi deux points de vue différents capturés au même endroit.
Dans mes diptyques, j’ai souhaité jouer avec la lumière et les ombres qu’elle peut créer. Dans ces trois exemples, nous pouvons observer trois effets distincts d’ombre et de lumière. Les lumières artificielles permettent de produire des effets variés, avec des ombres plus ou moins intenses. J’ai essayé de créer des ombres discrètes : présentes, mais suffisamment atténuées pour ne pas être immédiatement remarquées. Cependant, sans elles, le monde manquerait de relief.

Les vidéos sur la mobilité

Pour les vidéos axées sur la mobilité, nous avons choisi de réaliser un montage montrant une même personne filmée sous plusieurs angles et points de vue. L’idée était de recréer un sentiment de paranoïa, en montrant cette personne depuis trois perspectives différentes. Lorsque la personne commence à courir et que nous la suivons, cela donne l’impression d’une chasse vue à travers ces trois angles.
Nous pouvons clairement voir comment les caméras se déplacent avec nos gestes et la poursuite. Cela donne lieu à des mouvements saccadés de l’image, mélangés au bruit de nos pas. Cet effet crée un sentiment d’être constamment observé, renforçant ainsi l’idée de paranoïa.

Performance réaction

Pour cette performance, j’ai utilisé la plateforme Zoom pour filmer et incruster des images. J’ai décidé que toutes mes images seraient issues de mon téléphone afin de créer une double performance : du point de vue de l’ordinateur et de celui du téléphone.
J’ai choisi de me concentrer sur les yeux d’un même personnage, mais dans des contextes différents dans un film. Mon choix s’est porté sur Aragorn, du film Le Seigneur des Anneaux, car il a un regard très sérieux. Trouver des scènes où il semble moins sérieux était également une manière de montrer la douceur de son personnage.
Voici ce que j’ai fait : j’ai aligné les yeux d’Aragorn sur trois lignes, puis j’ai passé mon téléphone là où les yeux étaient affichés, pour que nous puissions les voir à travers l’écran. Ensuite, j’ai essayé de placer ma tête derrière le téléphone pour fusionner mon visage avec celui d’Aragorn. Ce procédé permet de rendre les images plus vivantes, mais il génère aussi un sentiment de malaise chez certains spectateurs. Cela vient de la discordance entre nos visages, mais aussi du fait que je bouge alors que les yeux d’Aragorn restent statiques.


Les camécrans m’ont permis de faire de nombreuses découvertes. J’ai utilisé un logiciel de montage pour la première fois, et bien que cela ait été parfois déroutant, j’ai beaucoup aimé l’expérience. Ce cours m’a également ouvert les yeux sur ce que sont les camécrans et sur les nombreuses manières créatives de les utiliser.